J'ai mal, Rêve et réalité

« A l’enterrement » suivi de « En son corps défendant »

Parodie de la poésie de Jacques Prévert: « A l’enterrement d’une feuille morte »

A l'enterrement d'un frère mort
Deux égarés s'en vont
Ils ont des pensées noires
Du crêpe autour de l'âme
Ils s'en vont de bon matin
Un beau matin d'été
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le soir
et le frère n'est pas ressuscité
Les deux déboussolés
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
Une voiture pour aller le voir
Mais ne prenez pas le deuil
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste mais c'est ainsi
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter à tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un jour très étrange
Un simple jour d'été
Et les deux désapointés
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là haut dans le ciel
La lune veille sur eux.


En son corps défendant

Une fin de vie
c'est certainement un matin
un matin sans oiseaux
que l'esprit doucement
s'est retiré du temps présent
J'ai vu un corps inerte
endimanché pour la cérémonie
repos forcé après des courses folles
derrière les papillons
et des sorties fébriles
au volant de carrosses de rêve
Devenir absent
comme parti de ce monde
où les vivants
sont au chevet des morts
pour aller au-delà
danser la sarabande
jusqu'au bout des pensées
jusqu'au bout des jours vivants
où les oiseaux encore chantaient
avant qu'en un instant
tout se soit figé
pour se changer en souvenirs.
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20 réflexions au sujet de “« A l’enterrement » suivi de « En son corps défendant »”

  1. J’adore la parodie du poème de Prévert.
    En son corps défendant a fait remonté un souvenir. Il y a plusieurs années, nous étions un petit groupe d’amis qui avons enterré une amie dans un très vieux cimetière. Après avoir passé une journée à fabriquer un pont pour franchir une ruisseau et débroussaillé le cimetière où nul n’avait été enterré depuis une centaine d’années, nous avons le lendemain fait une petite cérémonie (pas religieuse).Il pleuvait une peu. Et tout au long de cette cérémonie, une merle est venu se percher juste au-dessus de nous et a chanté sans arrêt. Et ce ne fut pas «un matin sans oiseaux». Ce fut un magnifique cadeau de la Terre!

  2. Oh! merci Francine pour ce magnifique souvenir
    Jeudi vers 17h, ces cendres seront déposées dans le cimetière du village
    j’écouterai le merle ou le tarier pâtre raconter…

  3. C’est très beau… Tu me fais penser à Sido, à la mort de son mari, mais c’est dit si joliment ! Oui, il paraît qu’une naissance chez nous est un événement de douloureuse séparation dans l’au-delà, mais qu’un décès chez nous est accueilli dans l’allégresse au-delà. C’est un peu triste, les cercueils, et il faut un certain temps pour dépasser le sentiment de révolte et de frustration pour tout ce qui nous est enlevé… Mais bientôt, comme tu le dis, toute la nature chante à nouveau, avec une douce voix supplémentaire.

  4. Je flânais tout à l’heure ( en pays protestant voire luthérien ) au sein d’un splendide îlot de paisible et de nostalgie, et justement les tombes sont sobres, fleuries parcimonieusement, éclairées s’il le faut de bougies, et souvent des oiseaux gravés ou dorés sur la stèle, en envol, en fredonnant, j’ai même vu un grand cygne faisant comme une onde sur l’eau.

    1. Le silence ne veut pas dire indifférence
      et dans ces circonstances il est souvent de mise.
      Tu es passée tu as laissé la trace de ton …désarroi ? Merci

      Aujourd’hui, avec les autres frères et sœurs nous nous retrouvons pour nos mots d’adieu…et demain il s’envolera
      Un jour mon tour viendra.

  5. Oh une Panhard !
    Un bien bel hommage que cette parodie de Prévert Jamadrou
    Dans ces circonstances j’entends les oiseaux chanter ta peine et j’offre mon silence pour mieux les écouter…

  6. J’ai eu du mal à te suivre…
    L’absence est un vide
    et les souvenirs le crient…
    Même si par delà ce vide
    On espère à une présence différente…
    L’absence par delà la mort est une profonde déchirure…

  7.  » Voilà…déjà que tu reposes,
    au ventre d’une terre amie,
    à la place que tu as choisie,
    de t’arrêter, paupières closes.
    Tu contemples un nouveau soleil
    et rien de toi, n’est plus en cage.  » Jo Mannick

    À vol d’oiseau, je t’envoie ma tendresse Jama…
    Sincèrement
    Manouchka

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